Points clés de cet article :
- Le 1er janvier 2029, la Suisse supprime la valeur locative ET toutes les déductions fiscales liées au bien immobilier : intérêts hypothécaires, frais d’entretien, assainissement énergétique.
- La plupart des propriétaires n’anticipent qu’une des deux suppressions. Le double impact, lui, est rarement compris avant qu’il soit trop tard.
- La fenêtre 2026-2028 est la dernière pour agir fiscalement : travaux, amortissement, restructuration de la dette.
- Le calcul de rentabilité de ta dette hypothécaire change radicalement. La logique « dette fiscalement intelligente » ne tient plus après 2029.
- Selon ton profil (fortement endetté, bien ancien, primo-accédant), la stratégie optimale est différente. Ce guide te donne les six étapes pour y voir clair.
Tu as signé l’acte de vente, tu rembourses ton hypothèque chaque mois, tu déduis tes intérêts en fin d’année. Le système fonctionne, tu l’as compris, tu t’y es adapté. Et puis tu entends parler d’une réforme pour 2029. Quelques lignes dans un journal, un commentaire de ton banquier en passant. Rien d’alarmant, en apparence.
La réalité, c’est que la réforme votée le 28 septembre 2025 ne touche pas qu’un détail technique. Elle supprime simultanément la valeur locative et l’ensemble des déductions fiscales liées au bien immobilier. Beaucoup de propriétaires ne savent pas qu’en 2029, ces deux avantages disparaissent en même temps. Ce n’est pas une demi-réforme. C’est un changement de paradigme complet.
Ce guide suit six étapes concrètes pour comprendre ce qui change, évaluer ta situation personnelle et prendre les bonnes décisions avant que la fenêtre se ferme. On y va dans l’ordre, sans digression, sans jargon inutile.

Étape 1 : comprendre ce qui change vraiment en 2029
La suppression de la valeur locative signifie que tu ne seras plus imposé sur un revenu fictif lié à ton logement. C’est la bonne nouvelle. La mauvaise : dans le même mouvement, toutes les déductions fiscales associées à ton bien disparaissent aussi. Frais d’entretien, intérêts hypothécaires, assainissement énergétique : plus rien ne passe en déduction à partir du 1er janvier 2029.
Ce double mouvement, c’est là que la plupart des gens se font surprendre. On entend « suppression de la valeur locative » et on retient la partie positive. On oublie le revers.
Concrètement : si tu pais CHF 15’000 d’intérêts hypothécaires par an aujourd’hui, ces CHF 15’000 sont déductibles de ton revenu imposable. Dès 2029, ils ne le sont plus. La charge reste identique. L’allégement fiscal, lui, disparaît.
Une seule exception notable concerne les primo-accédants, et elle est limitée : une déduction plafonnée à environ CHF 10’000 par an pour un couple (CHF 5’000 pour une personne seule) sur les 10 premières années suivant l’acquisition. Passé ce délai, les mêmes règles s’appliquent à tous.
Pour l’immobilier de rendement, la déductibilité des intérêts est maintenue, mais au prorata de la part de fortune investie. La gestion fiscale des investisseurs se complexifie, sans forcément s’améliorer.
« La réforme abolit l’imposition de la valeur locative tout en supprimant la déductibilité fiscale des frais d’entretien et des intérêts hypothécaires. Pour les propriétaires, le modèle traditionnel de dette fiscalement intelligente s’effondre. » – Synthèse basée sur admin.ch et Panchaud Tax and Legal
Étape 2 : faire le bilan de ta situation actuelle
Avant d’agir, tu dois savoir où tu en es. Ce bilan se fait en trois points précis : ta dette hypothécaire restante, les travaux que tu pourrais encore déduire d’ici fin 2028, et le montant d’impôt que tu économises actuellement grâce à ces déductions.
Commence par récupérer ton dernier relevé hypothécaire. Note le capital restant dû et le taux actuel. Calcule le montant annuel de tes intérêts. C’est le chiffre central : c’est lui qui disparaît de ta déclaration fiscale en 2029.
Regarde ensuite l’état de ton bien : isolation, chauffage, fenêtres, toiture. Chaque franc investi dans l’entretien ou l’assainissement énergétique avant fin 2028 peut encore générer une économie d’impôt. Après cette date, la charge revient à 100% sur toi, sans retour fiscal.
Ce bilan peut sembler technique. Très honnêtement, il l’est. C’est la raison pour laquelle beaucoup de propriétaires remettent cette réflexion à plus tard. Le problème, c’est que « plus tard » approche vite quand l’échéance est fixée au 1er janvier 2029.

Étape 3 : prioriser les travaux avant la fin 2028
La fenêtre 2026-2028 est la dernière dans laquelle tu peux financer une partie de tes travaux via l’économie fiscale qu’ils génèrent. En pratique, cela signifie qu’un franc dépensé en isolation thermique ou en remplacement de chauffage peut te coûter significativement moins, selon ton taux marginal d’imposition.
Prends l’exemple d’une maison à Villars-sur-Glâne nécessitant une isolation complète des façades. Un chantier à CHF 60’000 réalisé en 2027 génère une déduction fiscale sur l’intégralité du montant. Le même chantier réalisé en 2029 ne produit aucun avantage fiscal. Le coût brut reste identique. Le coût net, lui, est très différent.
La logique est simple : les travaux d’entretien et d’assainissement énergétique doivent être planifiés maintenant, pas parce qu’une réforme arrive, mais parce que tu as encore la possibilité de les financer en partie via l’impôt. Cette possibilité expire le 31 décembre 2028.
Quelques critères pour prioriser tes travaux :
- Travaux d’entretien nécessaires à court terme (toiture, plomberie, installation électrique)
- Assainissement énergétique avec un fort impact (isolation, pompe à chaleur, fenêtres triple vitrage)
- Travaux valorisant le bien si une vente est envisagée dans les 3 à 7 ans
Un point d’attention : les entreprises de construction seront sous pression dans les années qui viennent. On anticipe une accélération forte des chantiers avant fin 2028. Planifier maintenant, c’est aussi éviter les délais et les surcoûts liés à une demande qui va exploser.
Étape 4 : reposer le calcul de rentabilité de ta dette
Jusqu’à présent, beaucoup de propriétaires ont conservé une hypothèque élevée délibérément, parce que les intérêts étaient déductibles. La dette était fiscalement rentable. Cette logique s’effondre en 2029. Le calcul doit être refait à zéro, sans le bénéfice fiscal.
La question devient : quel est le coût réel de ta dette hypothécaire, comparé au rendement net que tu obtiens en plaçant le capital que tu pourrais utiliser pour amortir ?
Prenons un exemple chiffré. Tu as CHF 200’000 de capital disponible et une hypothèque à 1,8% de taux actuel. Ton coût d’intérêt annuel est de CHF 3’600. Aujourd’hui, cette somme est déductible, donc ton coût net est inférieur à CHF 3’600. Dès 2029, tu paies CHF 3’600 d’intérêts sans aucune contrepartie fiscale. Si tu places ce capital à un rendement net de 2,5%, tu gagnes CHF 5’000. Si tu l’utilises pour amortir, tu économises CHF 3’600 de charges par an. L’arbitrage change.
Ce calcul dépend de trois variables : ton taux hypothécaire réel, ton taux marginal d’imposition et le rendement net attendu d’un placement alternatif. Ces trois chiffres sont propres à ta situation. Il n’existe pas de réponse universelle.

Étape 5 : arbitrer entre amortir et investir selon ton profil
La décision d’amortir ou d’investir dépend directement de ton profil. Un propriétaire fortement endetté avec un bien ancien n’a pas la même équation qu’un primo-accédant qui vient d’acheter à Granges-Paccot. Voici les trois profils principaux et leur stratégie optimale après 2029.
| Profil | Situation type | Impact 2029 | Stratégie recommandée |
|---|---|---|---|
| Propriétaire fortement endetté | Hypothèque à 70-80% de la valeur du bien, intérêts élevés | Double choc : perte des déductions d’intérêts + perte des déductions d’entretien | Amortissement prioritaire, travaux avant 2029, restructuration de la dette |
| Primo-accédant (achat récent) | Achat dans les 10 dernières années, dette structurée | Déduction limitée maintenue jusqu’à 10 ans post-acquisition (max. CHF 10’000/an pour un couple) | Profiter de la déduction résiduelle, planifier l’amortissement progressif |
| Propriétaire avec bien ancien | Bien construit avant 1990, travaux d’entretien importants | Perte de la déductibilité des frais d’entretien dès 2029 | Chantier stratégique avant fin 2028, vente si le bien ne correspond plus au projet de vie |
Le principe directeur est le suivant : la dette n’est plus un levier fiscal neutre. Elle a un coût brut, qui doit être comparé à un rendement brut. Si ton coût d’emprunt dépasse le rendement net de tes placements, amortir est la stratégie la plus rationnelle. Si ton rendement dépasse largement ton coût d’emprunt, conserver la dette reste pertinent.
La nuance, c’est que cette comparaison dépend aussi de ta tolérance au risque, de ton horizon de temps et de ta situation fiscale globale. Un calcul fait à la va-vite peut te coûter plus cher que l’économie visée.

Étape 6 : chiffrer le coût de l’inaction avant 2029
L’inaction a un coût. Ce coût est rarement calculé, parce qu’il est diffus, progressif, et qu’il ne se manifeste pas le jour où tu prends la décision de ne rien faire. Il apparaît en 2029, sur ta déclaration d’impôts, quand tu réalises ce que tu aurais pu économiser.
Voici un exemple concret. Tu es propriétaire à Marly, ton hypothèque génère CHF 12’000 d’intérêts par an. Tu as un taux marginal d’imposition de 30%. Jusqu’en 2028, cette déduction te permet d’économiser environ CHF 3’600 d’impôts annuels. Dès 2029, ces CHF 3’600 disparaissent de ton budget. Sur 5 ans, c’est CHF 18’000 d’impôts supplémentaires que tu n’avais pas anticipés.
Ajoute à cela des travaux de CHF 40’000 que tu aurais pu réaliser en 2027 avec une économie fiscale de CHF 12’000, et que tu réalises finalement en 2030 sans aucun avantage fiscal. Le coût total de l’inaction dépasse CHF 30’000 sur quelques années.
La réforme de 2029 n’est pas abstraite. Elle a un impact financier réel, calculable, et propre à chaque situation. La modélisation de ce coût est exactement ce qu’OLIMMO Conseil réalise, sans aucun frais pour toi.
« Une forte accélération des remboursements hypothécaires est anticipée dans les années qui précèdent 2029. Les propriétaires qui agissent tôt bénéficient de meilleures conditions et d’une planification plus sereine. » – VZ VermögensZentrum
Questions fréquentes
La valeur locative est-elle supprimée pour tous les propriétaires en 2029 ?
La suppression s’applique aux propriétaires occupants, c’est-à-dire à ceux qui habitent leur propre logement. Les propriétaires de biens de rendement (mis en location) ne sont pas concernés par cette suppression. Pour eux, les intérêts hypothécaires restent déductibles, mais au prorata de la part de fortune investie dans le bien, ce qui complexifie la gestion fiscale.
Les primo-accédants bénéficient-ils encore d’une déduction après 2029 ?
Oui, mais de façon limitée. Les primo-accédants conservent une déduction plafonnée à environ CHF 10’000 par an pour un couple (CHF 5’000 pour une personne seule) sur les 10 premières années suivant l’acquisition. Passé ce délai ou ce plafond, les mêmes règles s’appliquent qu’aux autres propriétaires : plus aucune déduction liée au bien occupé.
Est-ce que je peux encore déduire des travaux d’entretien réalisés en 2028 ?
Oui. Toute dépense d’entretien ou d’assainissement énergétique engagée et réalisée avant le 31 décembre 2028 reste déductible selon les règles fiscales actuelles. C’est la raison pour laquelle la fenêtre 2026-2028 est stratégique : c’est la dernière opportunité de financer une partie des travaux via l’économie d’impôt générée.
Dois-je vendre mon bien avant 2029 si j’ai une grosse hypothèque ?
Pas nécessairement. La décision de vendre dépend de ton projet de vie, de la valeur actuelle de ton bien et de ta capacité à restructurer ta dette. Dans certains cas, un amortissement accéléré ou une renégociation des conditions hypothécaires est plus pertinente qu’une vente. Chaque situation mérite une analyse individuelle avant toute décision.
Comment savoir si mon bien a besoin d’une estimation avant de prendre une décision patrimoniale ?
Si tu envisages de vendre, d’amortir massivement ou de restructurer ta dette avant 2029, tu as besoin d’une estimation fiable de ton bien. Une valeur mal calculée fausse tous les arbitrages qui suivent. Une estimation croisée selon quatre méthodes distinctes (hédoniste, annonces similaires, prix réels de vente, évaluation intrinsèque) te donne une base solide pour décider.

Ce que tu peux faire dès maintenant
Six étapes, un seul objectif : ne pas laisser 2029 te prendre par surprise. Récapitulons les actions concrètes que tu peux engager immédiatement.
Comprends le double impact de la réforme : valeur locative supprimée ET déductions abolies. Fais le bilan de ta situation en calculant tes intérêts hypothécaires annuels et en identifiant les travaux encore déductibles d’ici fin 2028. Planifie ton chantier avant la fin de la fenêtre fiscale. Refais ton calcul de rentabilité de dette sans le bénéfice fiscal. Arbitre entre amortir et investir selon ton profil réel. Et chiffre ce que l’inaction te coûte concrètement, en francs, sur cinq ans.
La différence entre un propriétaire qui subit 2029 et un propriétaire qui l’anticipe, c’est souvent une conversation de deux heures prise à temps.
OLIMMO Conseil accompagne gratuitement les propriétaires dans cette modélisation. Pas de jargon, pas de produit à placer, pas de pression. Un calcul honnête, fait avec toi, pour que tu décides en connaissance de cause. Si tu veux qu’on regarde ta situation ensemble, écris-moi directement. L’analyse ne te coûte rien. L’inaction, elle, a un prix.
